Taux de no-show d'un salon professionnel : le calculer, le comparer, le réduire
Taux de no-show d'un salon : la formule, les repères publiés (20 % en médiane, 28 % si l'entrée est gratuite) et ce qui fait venir vos inscrits.
Par L’équipe Moultaka

Le taux de no-show d’un salon professionnel, c’est la part des inscrits qui ne franchissent jamais l’entrée. Il se calcule en une ligne : 1 − (présents uniques ÷ inscrits uniques). Sur l’ensemble des événements, les repères publiés tournent autour de 20 % en médiane, et 28 % quand l’entrée est gratuite. Sur un salon, l’écart peut être plus large. Le seul chiffre qui vous servira vraiment est le vôtre, mesuré proprement, public par public.
Comment calculer le taux de no-show
Prenons un exemple, avec des chiffres inventés : 4 000 personnes inscrites, 2 800 passées au moins une fois à l’entrée. Le calcul donne 1 − (2 800 ÷ 4 000), soit 30 % de no-show.
Le calcul est simple. Ce sont les deux nombres qui trompent :
- Les inscrits comptés deux fois. Une personne inscrite deux fois, par oubli ou par prudence, gonfle le dénominateur et donne un faux absent. Comptez par personne, avec une seule fiche par adresse email.
- Les entrées comptées comme des visiteurs. Un visiteur qui revient trois jours fait trois passages, mais il reste une seule personne. Comptez les personnes.
- Les inscrits du jour. Une personne qui s’inscrit sur place, à l’entrée, ne peut pas être absente. Sortez-la du calcul, sinon votre taux paraît meilleur qu’il n’est.
Ensuite, découpez. Un taux global ne dit pas quoi corriger. Calculez-le par type d’inscription (visiteurs professionnels, VIP, presse, invités d’un exposant), puis par source : la campagne email, le site de l’organisateur, le lien transmis par un exposant. Vous verrez souvent que quelques sources font l’essentiel des absents.
Quel taux attendre : ce que disent les chiffres publiés
Les données sérieuses sont rares. Le jeu le plus solide lu pour cet article est l’Event Data Lab de PheedLoop, un éditeur de logiciel événementiel : plus de 1 070 événements en présentiel, avec leurs données de passage réelles (rapport du 29 avril 2026, lu le 4 novembre 2026).
| Type d’événement | No-show médian |
|---|---|
| Tous les événements | environ 20 % |
| Entrée gratuite | environ 28 % |
| Entrée payante | environ 17 % |
| 1 000 participants et plus | environ 19 % |
| 500 participants et plus, entrée gratuite | environ 24 % |
| 500 participants et plus, entrée payante | environ 18 % |
Le même rapport note que 17 % des événements perdent plus de la moitié de leurs inscrits, et 22 % des événements gratuits.
Ces chiffres couvrent tous les événements, pas seulement les salons. Côté salons, Exhibition News parlait en 2013 d’une déperdition de 43 % entre préinscription et visite sur les salons britanniques, sans en donner la source. C’est ancien, à prendre comme un ordre de grandeur. Nous n’avons trouvé aucun chiffre publié pour l’Algérie : à la SAFEX comme ailleurs, votre première mesure sera votre référence.
Faut-il alors faire payer l’entrée pour que les gens viennent ? Pas pour cette raison. Dans un second rapport, complété en septembre 2026, PheedLoop revient sur sa propre conclusion : à l’intérieur d’un même événement, ceux qui paient ne viennent que 2 à 4 points plus souvent que les invités, en médiane. Et un formulaire rendu plus difficile ne prédit pas une meilleure présence : inutile de compliquer l’inscription pour trier les visiteurs.
Sept messages qui font venir les inscrits
La plupart des absents n’ont pas changé d’avis. Ils ont oublié, ou ils ne savent plus comment venir. Le travail se joue donc entre l’inscription et l’ouverture, avec une série de messages qui partent à des moments précis :
- À l’inscription : la confirmation, avec le badge de salon professionnel et son QR code. Le visiteur a déjà son entrée sur son téléphone.
- Formulaire abandonné : une relance quelques jours après. Cette personne a fait la moitié du chemin.
- Une semaine avant : le rappel, avec ce qu’elle trouvera sur place : exposants de son secteur, conférences, rendez-vous.
- Trois jours avant : l’application et le plan, pour préparer sa visite.
- La veille : horaires, porte d’entrée, stationnement, et le badge à nouveau. C’est le message le plus pratique de la série.
- Le matin de l’ouverture : un message court aux inscrits de la région, par WhatsApp si vous avez leur accord.
- Après le salon : le merci aux présents, et un autre message aux absents.
Le calendrier de ces envois se prépare avec le mail d’invitation à un salon professionnel. L’essentiel est de ne pas les envoyer à la main : le module Campagnes et contenus les déclenche selon une inscription, un passage ou une date, par email, WhatsApp et notification. Un formulaire abandonné et un absent sont relancés sans que personne n’appuie sur envoyer.
Pour vos invités nommés, faites plus : un coup de fil. Sur une liste de VIP ou d’acheteurs, une personne de l’équipe appelle chacun et demande s’il vient, quel jour. Le module Inscription et visiteurs suit chaque invité de l’invitation à l’inscription, puis à l’arrivée, avec la personne qui l’a invité : vous savez qui rappeler.
Les rendez-vous B2B : la chaise vide coûte plus cher
Un visiteur absent, c’est un chiffre. Un rendez-vous manqué, c’est un exposant assis seul à une table qu’il a réservée. C’est aussi là que le suivi pèse le plus lourd sur votre équipe : encourager à participer, faire confirmer les demandes, puis s’assurer que les rendez-vous ont bien lieu.
Quatre gestes réduisent les chaises vides :
- Limiter les réservations par personne et par jour. Celui qui prend vingt rendez-vous n’en tiendra pas vingt.
- Exiger une confirmation des deux côtés. Un rendez-vous demandé mais pas accepté n’est pas un rendez-vous.
- Rappeler avant chaque créneau, avec la salle ou la table, et pas seulement le nom de l’interlocuteur.
- Garder le téléphone pour ce qui compte. Les rendez-vous des plus gros exposants et des acheteurs invités méritent un appel la veille.
Mesurez trois taux séparément : confirmation, absence, réalisation. Le module Rendez-vous et networking les donne pour tout le programme, et calcule un score de risque par participant à partir de ses absences et annulations tardives passées, avec un rappel envoyé au-delà du seuil que vous fixez. Un participant nouveau n’a pas encore d’historique : pour lui, l’appel de votre équipe reste le meilleur outil.
Préparer le jour J sur le nombre de présents
Le taux de no-show ne sert pas qu’à se comparer. Il dimensionne le salon. Une fois votre taux connu, vous ne préparez plus l’accueil, les hôtesses, les bornes de badges ou les salles de conférence sur le nombre d’inscrits, mais sur le nombre attendu. PheedLoop conseille de prévoir 80 % des inscrits pour un événement payant et 70 % pour un gratuit. Sans mesure à vous, c’est un point de départ raisonnable, à corriger dès la première édition.
Regardez aussi l’heure. Si vos visiteurs arrivent presque tous le premier matin, c’est là que vous aurez besoin de monde à l’entrée, quel que soit le taux.
Dire le vrai chiffre aux exposants et aux sponsors
Annoncer les inscrits comme s’ils étaient des visiteurs est tentant. Le premier exposant qui compte les badges scannés sur son stand verra l’écart. Donnez les deux nombres, inscrits et présents uniques, dans le bilan du salon professionnel. Un chiffre honnête et une méthode claire vous serviront l’année suivante, au moment de vendre vos stands.
Gardez enfin la liste des absents. Ce sont des personnes qui se sont intéressées à votre salon. Le message de l’après-salon leur envoie les temps forts de l’édition et la date de la suivante : ce sont vos premiers inscrits de l’année prochaine.
En résumé
Comptez par personne, découpez par public et par source, et comparez-vous à vous-même d’une édition à l’autre. Envoyez la série de messages sans y penser, et gardez le téléphone pour ceux qui comptent. Pour voir comment une équipe suit ces chiffres sur un seul écran, de l’inscription à l’entrée, demandez une démo de 30 minutes sur votre salon.


